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Le ksar Jouamma surplombe la vallée de l’Oued Tanout, où s’étalent vergers d’oliviers et les petits jardins des Djebah et des Jjouamma, deux sous-fractions de la tribu des Ouerghamma. Pour construire leur ksar, les Jouamma ont choisi un piton escarpé. Les trois  cotes du « grenier » reposent à  même la falaise rocheuse, tandis que l’entrée se trouve sur l’isthme qui relie le piton à l’extérieur. Une rue bordée de ghorfas conduit à l’entrée principale de la partie ancienne du ksar. A peine franchie l’arcade, que fermait jadis une porte, on débouche sur une place centrale, autour de laquelle s’étagent les alvéoles sur deux ou trois étages et menaçant ruine. Au centre, un amoncellement de gravats : là s’élevait, sans doute, le bit el-makhzen : cette ghorfa qui servait de gite d’étape aux cavaliers amis ou, lors du Protectorat, aux chefs des pelotons de surveillance.

A droite et à gauche de la voute d’entrée, désormais abandonnées, l’œil exerce pourra retrouver l’officine du forgerons et l’échoppe de l’ouvrier du bois, fabricant de plats de divers calibres, réparateur d’araires, monteur de bats de chameaux. La porte des ghorfas était constituée par un ensemble de planches de palmier, assemblées  entre elles  au moyenne deux branches d’olivier. Du dehors, l’ensemble de murs arrondis en leur sommet des ghorfas semble une longue muraille nue couronnée de créneaux irréguliers. Le ton des pierres, la patine des enduits, l’effritement des parois se fondent si bien avec l’ocre des pitons rocailleux qu’un œil exerce a souvent peine à  déceler un ksar. Il n’est pas rare que l’arcade de la voute d’entrée, ou s’ouvre l’accès du ksar, porte une date. À ksar Jouamma on peut lire « 1178 » ; c’est-à-dire, que la partie la plus ancienne a été bâtie ou restaurée en 1764.A l’extérieur du ksar, en surplomb sur la plaine, on rencontre comme une esplanade, constituée par une série de dalles rocheuses : c’était autrefois la msalla, l’endroit ou l’on se réunissait pour la prière, avant que ne soit construite la mosquée. Tout le long de l’escarpement on devine des tombes :il y avait là, avant l’aménagement de la partie la plus récente, un des cimetières de la fraction Jouamma. A l’écart, bâti comme dans tous les ksour sur l’éminence la plus proche, un bel édifice aux pièces couvertes de petites coupoles, la mosquée.

« Pistes du sud tunisien à travers l'histoire»-Guide J.Gandini

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